Jonathan est artiste plasticien, formé aux Beaux-Arts de Cergy et basé en région parisienne. À travers l’installation, la performance, la vidéo et la photographie, il interroge les violences faites aux minorités queer et aux corps précarisés dont il fait partie. Son travail s’appuie sur la figure du monstre comme outil conceptuel, poétique et politique, permettant de rendre visibles et de questionner différemment les corps et les récits marginalisés.
Ses installations-peintures aux couleurs vives, parfois douces, pastel et presque enfantines, brouillent les frontières entre image, objet et décor. Elles donnent naissance à des figures hybrides et grotesques, proches du monstre, qui incarnent des corps visibles surtout lorsqu’ils dérangent. La performance occupe une place centrale dans sa pratique.Elle peut prendre la forme de spectacles volontairement burlesques, excessifs et instables, où l’humour, souvent noir et fragile, déplace le regard sans jamais effacer la violence dénoncée. Chaque création est également documentée par des photographies Polaroïd, réintégrées aux installations comme traces simples et autonomes du processus.
Sa pratique s’ancre aussi dans l’usage de matériaux récupérés, objets de fête usés, décorations abandonnées, tissus fragiles, porteurs de la mémoire de corps fatigués et de moments festifs déchus. Ces vestiges deviennent le support de récits marqués par le désir d’excès et la brutalité du réel.
Le drag apparaît en filigrane comme une manière d’habiter le corps autrement. Il autorise le glissement, la transformation et l’exagération, et ouvre un espace où les identités deviennent instables, performées et conscientes de leur artificialité. Le drag dialogue avec les images, les objets et les matières comme une présence trouble, à la fois fragile et excessive, qui questionne les normes de genre, de goût et de respectabilité.
La collaboration tient une place essentielle dans son travail. Travailler avec d’autres, artistes ou non, lui permet de mélanger les imaginaires, de créer des formes inattendues et de partager des expériences souvent minoritaires. Il cherche dans certaine œuvre collective à se réinventer dans un geste collectif de solidarité et de résistance.




